
Milena Lambert, professeure de français et correctrice du bac
Je corrige le bac de français depuis plus de dix ans. J’ai lu plus de 1 500 copies. Ce blog vous montre ce qui se passe dans ma tête quand je les lis, pour que vous puissiez, élève ou parent, voir ce que je vois.
Pourquoi ce blog
Une copie de bac passe quelques minutes entre les mains d’un correcteur. Ce qu’il y voit, ni l’élève ni le parent ne peuvent le deviner. Alors je le raconte : ce que je ressens phrase par phrase, ce qui me rassure, ce qui m’agace, ce qui fait basculer une note.
Je ne vous donne pas une méthode toute faite. Je vous montre un regard.
Ce que je fais
Je suis professeure de lettres. J’enseigne le français dans un lycée, et j’accompagne aussi des élèves en cours particuliers et en petits groupes, pour préparer le bac de français.
Je corrige les copies du bac de français depuis plus de dix ans. Ce regard d’examinatrice, c’est la matière de ce blog.
J’aide aussi des enseignants à mettre en place, dans leurs classes, des outils inspirés des sciences cognitives. J’y reviens plus bas.
D’où je viens
C’est en seconde, en lisant Andromaque de Racine, que j’ai compris que je voulais consacrer ma vie aux lettres. J’ai pourtant passé un bac scientifique. Puis j’ai fait deux années de classe préparatoire littéraire au lycée Louis-le-Grand, entièrement consacrées à ma passion. J’ai poursuivi par une licence et un master de lettres modernes, puis j’ai réussi le CAPES, et l’agrégation interne de lettres modernes en 2024.
Le reste de mon histoire, je l’ai racontée dans l’article Ce qui se joue de l’autre côté de la copie.
Pourquoi les sciences cognitives
Je suis passionnée par les sciences cognitives, et je les applique dans mes cours. Je continue de me former, sans cesse, pour aider le plus grand nombre d’élèves à devenir efficaces dans leurs apprentissages. Je suis convaincue qu’il est indispensable de s’y former pour enseigner efficacement.
Concrètement, voici trois principes que je garde en tête, avec ce qu’ils changent dans mes cours.
- Le feedback détaillé. Dire « c’est faible » n’apprend rien. Je reprends la copie phrase par phrase, je dis ce que cela produit chez le lecteur, et ce qui manque. Les cinq couleurs de l’article sur [le super pouvoir des correcteurs](À INSÉRER : lien de l’épisode 4) sont un feedback que l’élève peut se donner seul.
- La pratique délibérée. On ne progresse pas en refaisant dix fois ce qu’on sait déjà. Je préfère un seul paragraphe travaillé au petit oignon à trois devoirs entiers rédigés à moitié. On s’entraîne sur ce qui coince.
- La reprise à intervalles expansés. On oublie vite, selon ce qu’on appelle la courbe de l’oubli. La parade : réactiver les mêmes notions à intervalles de plus en plus espacés. C’est pourquoi les mêmes réflexes (l’alinéa, le titre souligné, la relecture avec un autre stylo) reviennent séance après séance, jusqu’à devenir automatiques.
Je suis inspirée par les travaux de Grégoire Borst et de Stanislas Dehaene sur ce que les sciences cognitives peuvent apporter aux apprentissages. Mon objectif : apprendre à apprendre efficacement, pour travailler moins, mais mieux, et gagner en confiance.
Ce que j’aime transmettre
Ce que je partage d’abord, c’est le plaisir de plonger dans un texte pour en comprendre les enjeux et les résonances avec notre propre vie. Je montre aussi comment la grammaire, que beaucoup d’élèves n’aiment pas, peut se mettre au service de l’analyse, pour mieux percevoir les effets d’un texte.
Pour moi, un bon accompagnement demande de l’écoute, pour comprendre ce que l’élève n’ose pas toujours dire : son manque de confiance, son stress, sa peur de décevoir. Il demande de l’enthousiasme, de la rigueur et de l’exigence, pour que chacun donne le meilleur de lui-même. Et de l’amour de la littérature, parce que c’est lui qui rend les cours vivants.
Un jour où la poésie a fait son travail
Un jour, des élèves venaient de perdre une personne qui leur était proche. J’avais prévu un autre texte. Je leur ai proposé de choisir : continuer comme prévu, ou saisir l’occasion de vivre ce deuil aux côtés d’un auteur qui l’a lui-même mis en poésie, Victor Hugo, avec « Oh ! je fus comme fou ».
Ils m’ont suivie. Nous avons un peu pleuré, mais nous avons aussi transcendé la situation. Ce fut un très beau moment, qui montre à quel point la poésie peut résonner dans le cœur des jeunes.
Ce que vous trouverez ici
Une série de dix articles : Dans la tête de l’examinatrice. Ce que je pense en corrigeant votre copie, la jauge qui passe du rouge au vert, les phrases qui me rassurent, le regard qui repère en quelques secondes si la méthode a été appliquée.
D’autres articles à venir : des astuces concrètes pour les élèves, des repères pour les parents, et le plaisir des textes.
Par où commencer ?
- Pour comprendre comment une note se forme : Rouge ou vert : ce que je ressens, phrase par phrase, en corrigeant votre copie.
- Pour vérifier en quelques secondes si la méthode a été appliquée : le super pouvoir des profs de français.
- Pour parcourir toute la série : Dans la tête de l’examinatrice.
Vous me trouverez aussi sur Instagram.